Souris ou rat : comment reconnaître le rongeur qui s’est installé chez vous

15/09/2026

Une crotte de souris a la forme et la taille d’un grain de riz, pointue aux deux bouts, 3 à 6 mm. Celle d’un surmulot ressemble à un noyau d’olive, 15 à 20 mm, arrondie aux extrémités. Vous avez donc déjà la réponse à votre question, par terre, derrière le lave-vaisselle ou au fond du placard sous l’évier, et cette réponse change tout : le matériel qu’on installe, l’endroit exact où on le pose, le nombre de semaines qu’il faudra pour en finir.

On nous appelle souvent en disant qu’il y a des rats alors qu’il y a des souris, et l’inverse arrive tout autant. Au téléphone, ce n’est pas grave, on pose deux questions et on tranche. Ça devient un problème quand vous avez acheté quatre tapettes en grande surface, que vous les avez posées au milieu de la pièce pendant trois semaines, et que rien ne s’est passé.

Cinq signes qui distinguent une souris d’un rat

Les crottes

C’est le signe le plus fiable, parce qu’un rongeur en laisse partout et qu’il en laisse beaucoup : une souris peut en déposer plusieurs dizaines dans une seule nuit, le long de ses parcours, sans jamais se soucier de l’endroit où elle se trouve. 3 à 6 mm, sombres, sèches au bout de 48 heures, souvent regroupées près d’une source de nourriture ou dans un tiroir qu’on ouvre rarement.

Les crottes de surmulot, elles, sont trois fois plus grosses et beaucoup moins nombreuses, une vingtaine par nuit, déposées de façon plus groupée, souvent contre un mur ou à l’entrée du terrier.

Si vous hésitez encore, sortez un décimètre. 15 mm, c’est un rat.

Le bruit, et l’étage d’où il vient

Une souris fait un bruit de grattement léger, rapide, presque nerveux, et il vient des cloisons, des faux plafonds, du dessus des meubles hauts de cuisine. Elle grimpe très bien et elle pèse 15 à 25 g, donc vous entendez le grattement mais jamais le poids.

Un surmulot pèse 10 à 20 fois plus. Ce qu’on entend, avec lui, ce sont des courses lourdes sous un plancher, des chocs contre une gaine technique, parfois un bruit d’objet déplacé dans une cave, et ça vient d’en bas plutôt que d’en haut.

La taille du trou

Une souris passe par un trou de 6 mm, soit le diamètre d’un crayon, ce qui surprend toujours les gens à qui on le montre sur place et qui viennent de reboucher consciencieusement les ouvertures visibles en oubliant le passage de tuyau derrière la chaudière. Un surmulot a besoin de 2 cm, et s’il n’a que 15 mm il ronge jusqu’à obtenir ses 2 cm.

Regardez les bords du trou. Nets et petits, c’est une souris. Élargis, avec des marques de dents visibles à l’œil nu sur du bois ou du PVC, c’est un rat.

Les traces de gras le long des murs

Un rongeur ne traverse pas une pièce, il longe. Il repasse au même endroit toutes les nuits, son pelage frotte la plinthe, et le sébum finit par dessiner une trace noirâtre, luisante, qu’on repère très bien à la lampe torche tenue rasante.

Cette trace existe chez la souris, mais elle est fine et discrète. Chez le surmulot, qui est plus lourd et qui appuie davantage, elle devient une vraie bande sombre, parfois large de 2 ou 3 cm, au bas d’un mur de cave ou le long d’un caniveau technique.

L’odeur

Une souris urine en marchant, en continu, par gouttes minuscules qu’elle sème derrière elle pour baliser son territoire. Dans un placard fermé ou un tiroir peu ouvert, ça produit au bout de quelques semaines une odeur d’ammoniaque très reconnaissable, un peu piquante, qui prend au nez dès l’ouverture de la porte. L’odeur de rat est plus lourde, plus musquée, moins piquante, et elle se sent surtout dans les volumes fermés comme un vide sanitaire ou un local poubelle.

Pourquoi se tromper coûte cher

Le rat est néophobe. C’est le mot qu’on emploie entre nous et il résume à peu près tout ce qui rend une dératisation plus longue qu’une intervention contre les souris : un objet nouveau posé sur son chemin, poste d’appâtage, piège, boîte, le met en méfiance, et il peut le contourner pendant plusieurs jours avant de s’en approcher, parfois plus d’une semaine dans un site où il n’a jamais été dérangé.

La souris fait exactement l’inverse. Elle est curieuse, elle explore tout ce qui apparaît dans son environnement, elle grignote un peu partout, quelques miettes ici, un sachet entamé là, et elle ne revient pas forcément deux fois au même point.

Conséquence pratique, et c’est là que la confusion se paie : contre une souris, on multiplie les points, on en pose beaucoup, rapprochés, parce qu’elle passe partout et qu’elle ne reste jamais longtemps sur le même. Contre un rat, on en pose moins, mais on les laisse en place, on les charge progressivement, et on accepte de perdre les premiers jours à ne rien obtenir du tout.

Quelqu’un qui traite un rat avec une stratégie de souris pose vingt pièges et n’attrape rien. Quelqu’un qui traite une souris avec une stratégie de rat pose trois postes bien placés et laisse la population se reproduire à côté. Une femelle souris peut mettre bas une portée de 5 à 8 petits toutes les 3 à 4 semaines, et ces petits sont eux-mêmes en âge de se reproduire au bout d’un mois et demi. C’est ce calcul, pas la taille de l’animal, qui décide de l’urgence. Nos méthodes pour se débarrasser des rats partent toutes de là.

Surmulot ou rat noir : deux rongeurs, deux étages

En France, dans l’immense majorité des cas, le rat qu’on trouve dans un bâtiment est un surmulot, appelé aussi rat d’égout ou rat brun. Museau épais, petites oreilles, queue plus courte que le corps, 200 à 500 g. Il vit en bas : réseaux d’assainissement, terriers en pied de mur, caves, vides sanitaires, buanderies, et il remonte par les colonnes techniques ou par une canalisation défectueuse.

Le rat noir est plus rare aujourd’hui. Il est plus léger, plus fin, avec de grandes oreilles et une queue plus longue que son corps, et surtout c’est un excellent grimpeur qui niche en hauteur, dans des combles, une charpente, un faux plafond, un silo. Quand on nous décrit des bruits de course dans un comble, on ne part jamais du principe que ce sont des souris.

Ce que ça change sur le terrain : on ne pose pas les dispositifs aux mêmes niveaux, on ne cherche pas les points d’entrée aux mêmes endroits, et le diagnostic du bâtiment ne suit pas le même chemin. Les deux espèces posent par ailleurs les mêmes risques sanitaires, détaillés dans notre page sur les maladies transmises par les rats.

Ce qu’on fait différemment selon le rongeur

Le diagnostic passe avant tout le reste. On cherche les crottes, les traces de gras, les points de rongement, les passages, les sources d’eau et de nourriture, et on remonte jusqu’aux entrées. Sur une souris, l’enjeu est la densité des points de contrôle et la fermeture des passages de 6 mm, qui sont innombrables dans un bâti ancien comme on en trouve beaucoup à Rouen ou au Havre. Sur un rat, l’enjeu est la patience, le placement le long des parcours obligés, et la recherche du terrier ou du défaut de réseau qui alimente le site.

Dans les deux cas, il y a un travail que personne n’aime faire et qui décide pourtant du résultat : couper l’accès à la nourriture et à l’eau. Une gamelle de chat laissée dehors la nuit, un composteur ouvert, un sac de croquettes posé au sol dans un garage, une fuite sous un évier. Tant que ça reste en place, on traite un symptôme. C’est tout l’objet d’un plan de prévention rongeurs, qu’on met en place chez les particuliers comme en dératisation pour les professionnels.

Nos interventions se font en Seine-Maritime et dans l’Eure, en véhicule banalisé, avec des produits soumis à la certification Certibiocide et une traçabilité des passages. Le détail commune par commune est sur la page nos zones d’intervention.

Quand appeler

Une souris vue une fois dans un jardin, en octobre, ce n’est pas une infestation. Des crottes fraîches retrouvées deux matins de suite dans une cuisine, un sac de riz percé, un bruit régulier dans une cloison à la même heure chaque nuit, un rongement sur une gaine électrique : là, il faut agir vite, parce que le temps travaille contre vous et qu’une population de rongeurs ne se stabilise jamais toute seule.

Vous hésitez encore sur ce que vous avez ? Prenez une photo des crottes avec une pièce de monnaie ou une règle à côté, et appelez-nous au 02 35 23 87 97. En trente secondes, on vous dit si c’est une souris ou un rat.

Questions fréquentes

Peut-on avoir des souris et des rats en même temps ?

C’est rare dans un même volume. Le surmulot chasse la souris et la fait fuir, donc on trouve plutôt l’un ou l’autre. En revanche, sur un site étendu, une exploitation agricole ou un immeuble avec plusieurs bâtiments, il est courant d’avoir des rats en cave et des souris dans les étages.

Les crottes sèchent-elles vite ?

Une crotte fraîche est sombre, molle et brillante. Au bout de 2 à 3 jours elle durcit, grise, et s’effrite sous le doigt. C’est le meilleur moyen de savoir si l’activité est en cours ou si vous nettoyez les restes d’un problème ancien.

Une souris peut-elle faire du dégât sur l’électricité ?

Oui, et c’est la raison pour laquelle on ne traite jamais une présence de souris comme un désagrément esthétique. Les incisives d’un rongeur poussent en continu, il doit les user, et une gaine électrique fait un très bon support.

Faut-il boucher les trous avant ou après le traitement ?

Après, ou au moins pendant. Si vous fermez tous les accès avant, vous enfermez les rongeurs à l’intérieur avec vous, et vous perdez les points où le traitement serait le plus efficace.

Combien de temps avant de ne plus rien entendre ?

Sur une souris, on constate en général une baisse nette dans les premiers jours. Sur un rat, il faut compter la phase de méfiance en plus, donc la première semaine peut sembler ne rien donner alors que le dispositif fonctionne. Le détail est sur notre page combien de temps dure une dératisation

SOS Nuisibles